Alternance ou non? That is the question…

« L’apprentissage a changé d’image » … sans aucun doute mais ne crions pas victoire trop tôt.

S’il est vrai qu’aujourd’hui la formation en apprentissage séduit aussi les formations BAC+4/5, il me semble que l’étudiant est confronté à un double discours.

Suivre sa formation en alternance semble être bien à la mode de nos jours, de plus en plus d’établissements offrent cette possibilité. La réalisation de son Master en alternance est souvent très encouragée et fait l’objet de discours parfois dithyrambiques. Les entreprises quant à elles sont plus réservées.

Le discours dominant aussi fait l’éloge de l’alternance, en loue les vertus et en fait même un objectif politique, mais il en oublie peut-être les incompréhensions et les difficultés.

En effet, n’oublions pas que le rythme est très exigeant pour les étudiants et que suivre un cursus en alternance requiert énormément de rigueur et de sérieux. Par ailleurs, si beaucoup d’étudiants se perdent un peu entre les différents contrats (professionnalisation ou apprentissage) et les différentes modalités, il semble que les entreprises s’y perdent tout autant…

thumbnail(1)(crédit photo emploi-gouv.fr)

Un « Win-Win » entre l’employeur et l’étudiant 

La formation en alternance paraît alléchante et constitue une modalité pédagogique particulière : l’étudiant suit une formation théorique et travaille en entreprise, le tout selon un rythme défini par l’établissement de formation. Les rythmes les plus courant sont 3 jours en entreprise, 2 à l’école ou encore 3 semaines en entreprise, 1 à l’école.

L’alternant est beaucoup plus régulièrement dans l’entreprise et acquiert donc plus rapidement les rouages de celle-ci, ses codes ou plus généralement une culture professionnelle. C’est aussi l’occasion pour l’entreprise de s’investir et de participer pleinement à la formation de l’étudiant.

En somme, l’alternance c’est l’occasion d’avoir « un pied dans l’entreprise », de ne pas séparer drastiquement formation théorique et réalité quotidienne du monde du travail.

Cependant, beaucoup d’entreprises voudraient que l’étudiant ait les deux pieds dedans. Si l’alternance assure à l’employeur un contrat plus long, une présence plus pérenne que celle d’un stagiaire, le rythme parfois chaotique et irrégulier que proposent certaines formations les rebute. De plus, les différences entre un « contrat d’apprentissage » et un « contrat de professionnalisation » qui concernent la durée du contrat, de la formation et la rémunération semblent aussi floues pour les entreprises que pour les étudiants.

 

L’alternance: une opportunité de financer ses études

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(Crédit photo Ouest-france.fr)

Etre alternant, c’est être rémunéré et voir en outre ses frais de scolarité pris en charge par l’entreprise ou par un organisme comme l’OPCA auprès duquel l’entreprise cotise. (Le montant des frais pris en charge dépend de la taille de l’entreprise). Il s’agit donc bien souvent d’un soulagement pour l’étudiant qui suit une formation parfois très onéreuse.

Cet aspect attire bon nombre d’étudiants qualifiés qui souhaitent de plus en plus s’émanciper de leurs parents à partir d’un certain âge.

Cependant, dans la conjoncture actuelle, les entreprises se retrouvent soumises à des contraintes budgétaires croissantes, nombre d’entre elles se montrent aujourd’hui hésitantes et invoquent un manque de budget pour embaucher un alternant et préfèrent voir se succéder deux stagiaires en temps plein.

Néanmoins, il reste plus facile de trouver un poste d’alternant dans les grandes entreprises comme EDF par exemple, car celles-ci ont souvent un quota.

 

Alors, Stagiaire ou Alternant ?

Aujourd’hui, un alternant n’a pas le même statut qu’un stagiaire c’est évident. Ce dernier intègre une entreprise pour une durée déterminée qui figure sur la convention signée par les trois entités (étudiant, établissement de formation et entreprise) tout comme le stagiaire. Dans certaines entreprises, des missions, toujours les mêmes, sont attribuées voire réservées aux alternants, tout comme d’autres le sont aux stagiaires…

De plus, si les étudiants Bac+5, souvent très qualifiés, sont les mieux lotis en matière d’insertion professionnelle, et que certaines missions sont vouées à être gérées par des alternants qui se succèdent, qu’apporte réellement l’alternance à cette frange étudiante ?

La question peut sembler rhétorique mais elle mérite qu’on se la pose. L’alternant serait-il une sorte de stagiaire amélioré, plus formé, plus performant qui coûte toujours moins cher qu’un salarié au SMIC et que les employeurs ont le loisir de « tester » sur un laps de temps plus long? On n’espère pas.

 

Une quête pour l’avenir, un espoir de reconnaissance

Au fond, la question n’est pas de savoir si l’on veut être stagiaire ou alternant, la question principale que se pose les étudiants est celle de l’Après… Quelle est la formation qui mène à une meilleure insertion professionnelle ? Quelle est celle qui débouchera le plus sur un CDI ?

Chers employeurs, nombreux sont les alternants qui ont déjà fait des stages, ne l’oubliez pas. Ainsi, être un alternant ce n’est pas être un stagiaire, ils attendent plus…

 

 

 

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3 réponses

  1. septembre 15, 2014

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  2. septembre 16, 2014

    […] « L’apprentissage a changé d’image » … sans aucun doute mais ne crions pas victoire trop tôt.  […]

  3. octobre 16, 2014

    […] n’est pas la panacée, nous l’évoquions déjà dans l’article « Alternance ou non, that is the question« , elle est pour certaines entreprises un enjeu crucial dans la question de la […]

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