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Et si on laissait tomber la novlangue managériale ?

Alors que certains proposent un emploi plus régulier de l’écriture inclusive en entreprise, CELSA-RH se penche aujourd’hui sur un autre problème d’ordre sémantique qui fait de plus en plus parler de lui : celui de la novlangue managériale. En plus d’être accusé d’euphémiser les rapports de force en entreprise, il est également soupçonné d’être à l’origine d’un conformisme intellectuel adopté de gré ou de force par les salariés, voire d’un mal-être au travail, nuisant à l’efficacité même de l’entreprise.

Quand certains mots posent problème

À l’origine, la « novlangue » est un terme inventé par l’écrivain britannique George Orwell dans son célèbre roman 1984 publié en 1949. Elle désigne cette espèce de langage construit et totalement artificiel créé pour empêcher que le peuple raisonne librement et vider certains concepts de leur sens. Dans le contexte post-Seconde Guerre Mondiale de la Guerre Froide, ce terme a eu beaucoup de succès, si bien que cette expression fut reprise maintes fois dans des domaines parfois très éloignés du sujet initial du roman et qu’elle fait désormais partie du langage courant. Selon certains, elle pourrait désormais même s’appliquer au jargon managérial, pétri d’anglicismes et de paraphrases.

Tout d’abord quand l’expression même de « ressources humaines » devient discutable (les employés seraient donc de simples ressources ?), à tel point que des DRH renomment leur fonction en « directeur des relations humaines », il convient d’interroger le reste des expressions utilisées en contexte managérial. Qu’en est-il de l’expression « technicien de surface », souvent accusé de déconcrétiser le travail d’entretien ? Ou lorsqu’on vient à nommer les ouvriers en « agents de production », n’est-ce pas une pudique manière de mettre à distance la réalité de cette profession ? Les anciens noms de métiers souvent lourds symboliquement, politiquement et historiquement, se retrouvent ainsi complètement effacés par le nouveau business wording.

Une euphémisation de la violence de certaines pratiques managériales ?

Sur un plan plus organisationnel, ce nouveau phrasé managérial passerait même pour une euphémisation des distances — surtout lorsque la néologisation de certains métiers ou de pratiques RH ne s’accompagne pas de véritables changements. Appeler son subordonné hiérarchique, « collaborateur », comme le font de plus en plus certaines entreprises, très bien. Mais encore faut-il que les mots soient suivis d’actes, ce qui n’est pas toujours le cas. D’autant plus que, comme le rappelle cet article, désigner son salarié comme tel n’a rien de rabaissant et, qu’au contraire, il renvoie à la notion d’inégalité positive. C’est précisément parce que le salarié en est un qu’il peut jouir des protections inhérentes à son statut, à l’image du droit de grève, de la couverture des congés de maladie, etc. La controversée réforme du Code du Travail qui fragilise ces droits salariaux et l’introduction de ce nouveau phrasé seraient-ils corrélés ?

De même, des expressions critiquables telles que « plan de restructuration » ou encore « plan social », qui font florès dans les médias, et qui sont utilisées pour ne pas employer le plus épineux terme de « licenciement économique », sont symptomatiques de notre incapacité collective à nommer un chat un chat quand les conditions de travail ne sont pas idéales.

La novlangue managériale : un « corsetage des imaginaires » ? (Agnès Vandevelde-Rougale)

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Si cette novlangue managériale est évidemment une moins-value pour les salariés, elle l’est finalement pour l’ensemble de l’entreprise. C’est en tout cas la thèse d’Agnès Vanvelde-Rougale, sociologue et anthropologue qui, dans son ouvrage La novlangue managériale, emprise et résistance, établit un lien entre ce qu’elle appelle un « façonnage des univers symboliques » par ce nouveau langage, et le mal-être au travail, évidemment source d’inefficacité pour toute l’entreprise.

En effet, pour l’auteure, la novlangue managériale, avec son « prêt-à-parler », empêcherait les employés d’exprimer leurs émotions en entreprise, ou encore de questionner leur rapport au travail et à la hiérarchie. Les mots seraient ainsi devenus, dans cette optique, un instrument des nouvelles pratiques managériales « néolibérales ». Des termes comme « gouvernance » ou encore « transparence » en sont des exemples parmi tant d’autres.

Ce langage d’un nouveau genre aurait toutefois et également de bons côtés, comme cacher sa vulnérabilité pour progresser et mieux diffuser ses idées. Cependant, cette condition implique de se l’approprier et donc d’avoir conscience que cette novlangue managériale existe. La tâche est peu aisée, une bonne partie des employés l’ayant déjà intériorisée.

Qu’il soit adopté avec enthousiasme par certaines entreprises ou catégoriquement rejeté par certains salariés ou chercheurs, la novlangue managériale semble se présenter comme étant l’un des sujets clés des années à venir dans les relations de travail et nous révèle une chose pour le moins surprenante : le langage est devenu un enjeu managérial.

Sara Lachiheb

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