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Corporate : entre critique et représentation

Le 5 avril 2017 est sorti le film de Nicolas Silhol : Corporate. Il s’agit d’un film mettant en scène une brillante gestionnaire RH au cœur d’un drame professionnel. Alors qu’elle doit mettre en place un plan de restructuration qui consiste à “se débarrasser sans licencier” les salariés concernés, l’un d’eux met fin à ses jours en se jetant dans la cour devant son bureau. Encore une vision négative des RH me direz-vous. Eh bien, pas tant que ça. Plus qu’une critique ouverte à l’encontre de la profession, il s’agirait plutôt de dénoncer certaines pratiques de management.

 

            Dans un précédent article, nous vous avions déjà fait part du constat suivant : la fonction RH est quasi systématiquement mal représentée au cinéma, notamment car dans la plupart des cas les RH ne font que licencier. La subtilité de Corporate, c’est peut-être justement de ne pas montrer une GRH qui licencie. Oh non, surtout pas. Dans le cadre du plan “A16” à comprendre “Ambition 2016”, Emilie Tesson-Hansen, notre GRH donc, doit accompagner les collaborateurs jugés les moins performants vers la sortie. Cette sortie, c’est leur démission. L’accompagnement, c’est faire comprendre au collaborateur qu’il a fait le tour de son poste, l’amener à se mettre en mobilité, et refuser ad vitam aeternam toutes ses demandes. Si certains comprennent vite le message sous-jacent, certains s’obstinent, restent dans l’incompréhension, et ce jusque mort s’en suive. Littéralement.

            Ce qui est, par ailleurs, important, c’est le discours autour des risques psychosociaux. Ou plutôt, le manque de discours. Bien que ce soit un film basé sur ceux-ci, il n’en est véritablement jamais question. Nous assistons au début à un CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité, et des Conditions de Travail), mais le spectateur est expulsé aussi vite que la GRH. Pourtant, les personnes proches des collaborateurs ne sont-elles pas les mieux placées pour en parler ? Nous comprenons que des mesures sont prises afin de lutter contre les risques psychosociaux, mais elles semblent être davantage mises en place afin de dédouaner l’entreprise en cas d’incident, plutôt que d’aider un salarié en détresse. Finalement, ce n’est pas un film qui veut traiter de ce sujet, mais qui l’utilise à des fins critiques.

 

Corporate, un modèle managérial calqué sur la réalité ?

 

            Ce n’est pas un procédé complètement fantasque. La plupart des personnes travaillant dans des sociétés de services parlent d’un management relativement inhumain, basé en grande partie sinon à 100% sur l’efficacité et les résultats. L’expression “Ressources Humaines” n’a jamais été si juste, car les salariés ne sont que des pions avec telle ou telle compétence, à mettre sur tel projet. Aucune considération personnelle n’est prise : ni sur la géographie (si on travaille/habite en Île de France, on se rend compte que c’est une grande région), ni sur l’envie d’effectuer cette mission. On est toujours le Sims de quelqu’un, en somme.

            Cependant, ce qui est frappant, c’est que dans ce film, l’entreprise Esen n’est pas une société de service. À vrai dire, on ne sait pas vraiment de quelle sorte d’entreprise il s’agit. Il est question à un moment de yaourt “pour les hommes”, donc on peut penser qu’il s’agit d’une d’une multinationale dans l’alimentaire, mais ni plus ni moins. Il y a une réelle volonté de rendre cette entreprise générique. Ce n’est pas ce qu’on vend ce qui importe, c’est le modèle managérial qui est incriminé. Le réalisateur prévient d’ailleurs en introduction du film : les situations sont fictives, mais les modes de management réels.

            Donc finalement, ce n’est pas à proprement parler une critique des RH. À mon sens il s’agit surtout d’une critique des techniques de management contemporaines tenant du taylorisme, comme le lean management. Le fait que le personnage principal soit une RH ne devrait pas suffire à voir ce film comme un blâme de la fonction qu’elle représente.

 

Soyons moins corporate : prenons nos responsabilités personnelles

 

            Si le film suit l’enquête menée par l’inspection du travail et que la gestionnaire RH du collaborateur décédé est au centre de celle-ci, c’est notamment parce qu’aucune autre personne ne veut en prendre la responsabilité. D’un côté, un manager qui veut se barrer de ce service, à base de “trouve-moi un poste en Asie”. De l’autre, un DRH qui enjoint notre protagoniste de s’occuper de l’affaire, n’ayant pour sa part aucune responsabilité. C’est vrai après tout, lui a-t-il mis le revolver sur la tempe ? L’a-t-il défenestré ? Non, alors bon.

            Il faudrait tout donner pour son entreprise. Cela peut rappeler les modèles assez paternalistes (si j’osais, patriarcaux) des entreprises. Mais si, vous savez, celles qui voudraient se tenir comme une seconde famille pour vous. Et encore, “votre femme est plus importante que votre boulot, Monsieur Hansen ?” assène Emilie à son mari, lorsqu’elle lui fait passer un faux entretien, afin de lui faire comprendre à demi-mots ce qu’elle vit en ce moment. Cette idée de l’entreprise-famille se sent dès le début du film car celui-ci débute par une scène à Chamonix, où les managers et les RH font du traîneau. Un séminaire sympa et teambuilding organisé pour présenter le projet de restructuration.

            Dans Corporate, tout est fait afin que la culpabilité aille seulement sur le dos de la RH. C’est une responsabilité à deux poids deux mesures, comme assez souvent dans ce genre de management. Si elle a agi selon les ordres de son supérieur hiérarchique, ce serait un choix qu’elle a sciemment pris. Aurait-elle pu dire non ? “Non, je ne veux pas virer des gens, leur pourrir la vie, briser leur carrière, voire leur vie.” Je pense que l’une des questions du film est là : peut-on aller à l’encontre de ses convictions ? Peut-on bafouer ses idéaux ?

            Personne ne peut apporter de réelle réponse. À chacun sa morale, ses limites, et sa conscience, aucun jugement ne doit être apporté à cela. Dire non à son DRH, ou son supérieur quel qu’il/elle soit, c’est l’assurance de se voir “mis en mobilité”, ou licencié directement. Parfois, la vie fait qu’on a besoin de son salaire, de son CDI : un emprunt immobilier, les études des enfants, un crédit… Dans le film, il n’en est pas réellement question. Si au début elle “collabore” avec l’inspection du travail pour sauver sa peau, à la fin, se rendant compte que l’entreprise ne la sauvera pas, elle semble étonnamment agir pour faire triompher l’honnêteté. Peut-être réalise-t-elle qu’à être trop “corporate”, on y laisse des plumes. Finalement, on gagnerait sûrement à prendre du recul, et à savoir trouver le juste milieu entre la loyauté due à l’entreprise et le respect de nos convictions personnelles.

            Derrière chaque collaborateur, derrière chaque “ressource” humaine se trouve une vraie personne. Si c’est vrai pour les autres, c’est également vrai pour soi. Alors, sans sur-humaniser le travail, pourquoi ne pas respecter en nous comme en autrui, le salarié, le citoyen, l’humain ?

 

Lise Karkar

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