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Le droit à la déconnexion : perversion ou libération ?

Le 1er janvier 2017, les entreprises françaises ont toutes dû mettre en œuvre le droit à la déconnexion.  Sujet controversé, ce droit à la déconnexion est censé assurer le respect des temps de repos et de congé et améliorer l’équilibre vie pro / vie perso. Aujourd’hui, il ne fait pas l’unanimité parmi les salariés. C’est avec notre modeste regard d’étudiantes en ressources humaines que nous aimerions tenter d’apporter un éclairage sur le débat suscité par ce nouveau droit.

 

Quand la déconnexion devient facteur de stress

La connexion permanente, qui fait pleinement partie des mœurs actuelles, tant dans le cadre privé que professionnel, est génératrice d’un stress important. Les chiffres sont significatifs : un employé reçoit plus de 5000 mails par an et dédie en moyenne deux heures par jour à cette tâche. Mais supprimer l’outil est-il suffisant ou même efficace ?

Jean-Noël Chaintreuil, spécialiste des ressources humaines appliquées au digital, explique que le mal vient d’ailleurs. C’est d’abord l’homme, en l’occurrence le manager, qui est responsable de l’angoisse de ses employés en les sollicitant perpétuellement par message. Dans cette optique une approche coercitive du droit à la déconnexion ne ferait que renforcer le surmenage des salariés. Si comme chez Volkswagen on fait le choix de couper les serveurs à des heures considérées comme en-dehors des horaires de travail normaux (de 18h15 jusqu’à 7h du matin dans cet exemple précis), on créé potentiellement un mécanisme psychologique stressant. L’employé risque de s’infliger une pression supplémentaire puisqu’il doit à présent envoyer ce qu’on lui demande dans des délais plus courts et sous peine de ne plus accéder à sa boîte mail. Il en va de même du principe de « surveillance » pour lequel l’entreprise Michelin a opté. La libre organisation du salarié est remise en cause dès lors que le droit à la déconnexion impose une contrainte de temps.

Ce constat soulève alors une question de première importance : comment concilier droit à la déconnexion et objectifs de productivité ? Certains groupes, qui agissent notamment à une échelle internationale, doivent communiquer en permanence. De même comment prévenir les collaborateurs lors d’une véritable urgence, par exemple en cas de communication de crise ? D’autre part il est bien connu que les entreprises connaissent des périodes d’activité plus ou moins intenses. Cela a des répercussions sur le travail des salariés, souvent des cadres qui, sans connexion à partir d’une certaine heure auraient des difficultés à mener leur mission à bien.

droit à la déconnexion2

Quoi qu’il en soit c’est bien au manager d’instaurer des règles de savoir-vivre et de mesurer ses demandes afin qu’elles restent rationnelles. L’outil, qu’il soit plus ou moins présent, ne changera rien au sentiment de burn-out que peuvent ressentir certains salariés. Sur ce point Jean-Noël Chaintreuil est rejoint par Xavier Camby, dirigeant de la société Essentiel Management. Ce dernier souligne que les personnes les plus stressées par les technologies sont aussi celles qui y sont les plus accros. Souvent angoissés par l’idée de n’avoir plus de lien immédiat avec leurs interlocuteurs, ce sont généralement les mêmes qui refusent de quitter leur smartphone.

 

Un droit contesté mais réclamé

La loi jugée infantilisante par ses détracteurs n’est pourtant pas le résultat d’un caprice gouvernemental mais provient d’une demande des collaborateurs. Selon une récente étude, les cadres seraient 62 % à réclamer une régulation de l’usage des outils numériques. En effet, près d’un tiers des actifs utiliseraient chaque jour leurs smartphones professionnels en dehors de leurs heures de travail, réduisant petit à petit la frontière vie privée / vie professionnelle. Cette étanchéité pourrait en partie expliquer le stress et la hausse de burn-out. Une conjoncture économique défavorable à l’emploi et un accès permanent au numérique donne au collaborateur le sentiment de devoir répondre. C’est donc pour préserver le capital santé et de fait la productivité, que le gouvernement a décidé d’inscrire le droit à la déconnexion dans la loi El Khomri, à l’article L.2242-8 du code du travail. Avant son instauration, plusieurs entreprises avaient déjà mis en place des outils encourageant la déconnexion des salariés. Si certaines expériences sont controversées (cas de Michelin ou de Volkswagen), d’autres ont été concluantes. Ainsi, le cabinet Boston Consulting Group a vu le niveau de stress diminuer et le plaisir au travail augmenter à la suite de l’instauration de ce droit. Preuve qu’il s’avère difficile de prendre totalement parti ou non pour ce droit.

 

Une efficacité tributaire de la nature des négociations

Car oui, il s’agit bien d’un droit et non d’un devoir ! Que dit la loi sur ce droit ? Très peu finalement… Elle donne simplement les conditions de son application. Le droit à la déconnexion doit simplement faire partie des sujets à aborder lors de la négociation annuelle obligatoire sur la qualité de vie au travail. Il devra ensuite se matérialiser en accord d’entreprise. En son absence, une charte doit être élaborée après avis du comité d’entreprise ou à défaut, par des délégués du personnel. Mais que les réticents à l’application de ce droit soient rassurés, la loi El Khomri ne prévoit pas l’obligation d’aboutir à un accord (rappelons qu’il s’agit bien d’un droit!). De fait, aucune sanction n’est prévue en cas d’absence d’accord… Mais attention, l’employeur peut s’en mordre les doigts ! En effet il s’expose à un risque accru de contentieux. En cas de conflit avec un collaborateur victime de risques psycho-sociaux ou de burn-out, si une absence du droit à la déconnexion est relevée, les Prud’hommes préférerons parvenir à une conclusion favorable au salarié. Le droit à la déconnexion n’est donc pas (encore) obligatoire mais fortement conseillé…

Droit décoco

L’efficacité du droit se jouera dans les prochains mois. Les entreprises vont devoir trouver le juste équilibre entre droit de se déconnecter et liberté à chacun de s’organiser. Sans en arriver à interdire l’accès aux serveurs, on peut simplement concéder au collaborateur le droit de ne pas répondre passé une certaine heure. Les entreprises doivent appliquer le droit à la déconnexion intelligemment en fonction de leurs propres besoins.

Le droit à la déconnexion a déjà commencé à bouleverser le fonctionnement des ressources humaines. S’il semble aujourd’hui nécessaire, il est probable que ce ne soit qu’une mesure de court terme pour résoudre les problèmes de stress et de dépendance des collaborateurs à leurs outils numériques. Sur le long terme, il convient d’éduquer les salariés ainsi que les managers en ce qui concerne leur rapport à la technologie (mesure d’ailleurs préconisée par la loi). Dans un monde où l’injonction à se connecter prend des formes de plus en plus insidieuses et est omniprésente (objectif Internet très haut débit dans toute la France, possibilité de se connecter absolument partout…), le droit à la déconnexion est d’abord une posture psychologique à adopter : savoir résister à l’appel du smartphone.

 

Romane LOISEAU & Déborah MALKA

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1 Réponse

  1. J’ai beaucoup apprécié cet article que je partage avec vous.

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