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Travail et Loisir : les jeux sont-ils faits ?

C’est à travers des jeux de langage pour ludifier la réflexion que s’est tenu du 11 au 13 juin le colloque « Travail et Loisir » organisé par le Gripic (Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Processus d’Information et de Communication), le laboratoire de recherche du Celsa.

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Parmi les diverses formes que peut prendre la rencontre entre le loisir et le travail, le jeu a été un des objets d’étude du colloque. A forme particulière, problématique particulière. Un management du jeu instaure en effet un paradoxe managérial singulier : introduire le jeu dans le domaine professionnel revient finalement à l’imposer. Plutôt que de libérer l’employé de ses rôles institutionnels par des leviers ludiques, ne lui en impose-t-on pas au contraire un énième ?

Le recours au jeu signe-t-il l’échec du management ?

Avec son déplacement dans le monde institutionnel, le jeu est désormais au cœur des nouvelles orientations des industries créatives. Le Huffington Post estime qu’en 2012, le marché de la gamification représentait 100 millions de dollars. La firme Gartner estime quant à elle à 70% la part des grandes entreprises dans le monde qui possèdent une application gamifiée en 2014.

En partant du constat de cette montée en puissance du jeu dans l’entreprise, les diverses interventions se sont attachées à penser les liens, a priori contradictoires, entre le travail et le loisir. Ce dernier est en effet une activité à l’initiative du salarié où le plaisir l’emporte sur la dimension instrumentale. Il est donc d’abord une rupture spatio-temporelle avec le travail – imposé et réglementé par une hiérarchie dans un but commercial et économique.

Françoise Bernard, chercheuse à l’IRSIC (Institut de Recherche en Sciences de l’Information et de la Communication) de l’Université d’Aix-en-Provence explique ce déplacement du jeu dans la sphère professionnelle de deux manières.

 D’une part c’est la montée de l’individualisme qui a valorisé la subjectivité depuis la fin du XIXe. D’autre part, la médiatisation des risques psychosociaux a participé à faire du capital humain un enjeu central pour l’entreprise. D’où cette nécessité de réenchanter la sphère professionnelle en renouvelant les méthodes de management grâce au jeu.

 Encadrer, capitaliser ou intégrer le jeu

Thomas Heller, chercheur en SIC au GERIICO, distingue 3 formes de relation que les institutions peuvent entretenir avec le loisir :

  • Encadrer le loisir en tant qu’expression de la liberté du salarié et mode de résistance au travail ;
  • Tirer parti du loisir : on pense ici à Rosapark, mais encore à IBM qui envisage le jeu vidéo comme un moyen de développer des qualités et de révéler un caractère. Ce peut évidemment être aussi un moyen de consolider sa marque employeur en communiquant sur les réussites extra-professionnelles de ses employés ;
  • Intégrer le loisir à la sphère professionnelle en instituant des pratiques ludiques.

C’est cette dernière pratique que se sont particulièrement attaché à étudier les intervenants de ce colloque.

Ludification, récréation et éducation

Ces trois leviers pédagogiques se retrouvent dans le jeu professionnel et transforment les structures instituantes de l’entreprise. Alors que le modèle top-down laisse la place au modèle bottom-up, le jeu est un levier de cette redéfinition des rôles sociaux dans l’entreprise. En transformant la situation professionnelle, il ouvre un espace d’expression qui dépasse le rôle professionnel normé.

Le théâtre en entreprise est un bon exemple de cette hybridation entre le loisir et le travail. Les comédiens de Cap-là interviennent à la demande des entreprises pour écrire des petits scénarios en relation avec la situation de l’entreprise. En forçant le trait, ils pointent des situations ou caractères stéréotypés. Leur représentation remet en cause les rôles institués et normés.

Les séances de créativité sont une autre manière de se désengager momentanément de son rôle professionnel.  Julie Trévily est chercheuse et spécialiste de la pédagogie créative au travail. Lors de ses interventions en entreprise, elle cherche à déconstruire les rôles et relations normées pour favoriser l’expression de la créativité et permettre l’innovation. Les jeux de rôles sont un de ses outils : chaque personne – directeur ou simple employé – va par exemple choisir une personne sur un magazine et travestir son discours selon la personne représentée.

En offrant la possibilité d’endosser de nouveaux rôles, le jeu a vocation à créer un sujet autonome et créatif dans l’entreprise. En effet, que fait un serious game sinon enseigner un rôle. Reste à savoir si ce rôle est toujours acceptable.

Le jeu du désespoir : un hors jeu ?

Sous ses formes séduisantes, le jeu institue un nouveau cadre, qui peut parfois venir éclipser le cadre légal, voire éthique. Stéphane le Lay, sociologue spécialiste de la question de la souffrance au travail, a étudié cette occultation dans une plate-forme d’appels téléphoniques.

A l’origine, les compétitions instaurées par les managers entre les salariés sont des vecteurs de motivation.  La mise en place de ces petites compétitions chiffrées sont presque une évidence dans des emplois difficiles – moralement et physiquement. On connaît les défis que se lancent les personnes en charge des plans de licenciement, un score de tant de personnes pour un chrono imparti. Ce qui n’est pas sans rappeler le jeu de société «  Plan social : quand licencier devient un jeu ».

Dans certains cas ces compétitions ne viennent plus seulement soutenir l’effort de l’employé, mais appuyer des objectifs financiers indépendants de la qualité des services vendus. La forme du jeu – espace hors-temps – permet ainsi de faire accepter des ordres discutables en temps normal.

Ce dépassement trouve son origine dans les « stratégies collectives de défense », au départ endossées inconsciemment. C’est particulièrement visible dans le milieu du BTP où il existe une surenchère dans les risques pris pour occulter la peur d’être à 30 mètres du sol. Ces mécanismes fédèrent le groupe : gare à celui qui ne s’y plie pas.  Ces « stratégies collectives de défense » vont être parfois reprises par des managers qui les imposent grâce au jeu.

Au départ librement proposé au salarié, le jeu devient alors  une obligation.

Le jeu comme « outil de gouvernementalité » ?

                  Thomas Heller utilise cette expression pour parler dans la lignée de Michel Foucault de la « mise en docilité des salariés » grâce au jeu. En faisant siennes les valeurs du divertissement, le monde professionnel ne fait selon lui que masquer les rapports de force et donner le change d’une évolution du travail pour valoriser la marque employeur.

Marine Allein, chercheuse au GRIPIC, a mis en valeur son utilité dans la communication managériale par une étude des jeux institutionnels. Le jeu est un support pour optimiser la communication managériale, en « sécurisant » et rendant plus amusantes la transmission des informations. A travers lui, la figure du management se fait oublier, du moins en apparence, car les employés ne sont pas toujours dupes.

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1 Réponse

  1. août 4, 2014

    […] C’est à travers des jeux de langage pour ludifier la réflexion que s’est tenu du 11 au 13 juin le colloque « Travail et Loisir » organisé par le Gripic (Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Processus…  […]

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